Solitude du mangeur d’hommes
 
solitude du mangeur d’hommes
 
L’histoire
La savane,
Une voiture, un accident,
deux hommes : un boy noir et son blanc chasseur de patron
= Une situation comiquement détonante.

Le boy se dédouane de l’accident alors qu’il était au volant ; il part avec le fusil de son blanc de patron, en quête de secours. 
La voiture, elle, reste dans le trou dans lequel elle s’est fourrée par aveuglement. 
Alors le chasseur parle et parle au « Révérend », le lion (amoureux des mots autant que de la vieille carne)… Il lui dit ses pêchés de jeunesse, sa vie d’avant, ses errances professionnelles, ses blessures d’amour propre.
La solitude du mangeur d’hommes ou le rire, la comédie grinçante pour dire la solitude partagée entre le patron drapé dans sa « superpuissance » et le Lion solitaire, tous deux voués à attendre que viennent se jeter dans leurs gueules d’éventuelles proies faibles et soumises. 


On reconnaît au fil de ce soliloque mordant l’univers dérangé
et dérangeant d’Henri-Frédéric Blanc, où le cauchemar flirte avec la farce.


        L’intention
En fouillant ses recoins obscurs, en s’y aventurant, en les exposant à la pleine         lumière, le « chasseur blanc » donne naissance à son être véritable, autant qu’à cet anti-héros, ce « soi », terriblement humain.

«Je suis parti  parce que j’avais le dégoût de tout.

Ou plus goût à rien, ce qui est pire, parce que le dégoût de tout, ça a encore une saveur.

J’ai un trou qui grossit en moi, tu comprends ? Plein de trous qui grossissent.

Un gruyêtre, je suis. Un gruyêtre avec un chapeau et plus de fusil. Gentil lion… »»


Texte extrait de « Mise au ban »

intention de la mise en scene

Ces deux textes forts trouvent leur équilibre entre humour et émotion, obscurité et lumière, mort et renaissance.
Quête de l’autre par la quête de soi ; recherche individuelle pour atteindre l’Universel et mise en lumière de notre humatitude.

Cette thématique commune a déterminé le choix de ces textes pour la création de ce spectacle, elle m’a conduite vers une réflexion dramaturgique qui a orienté les deux axes complémentaires de la mise en scène auxquels s’est associé le travail de création musicale orchestré par Jean Albrand.

Dans « Albert Einstein contre Frankenstein », le monologue a été scindé et il est interprété par deux comédiennes afin que le personnage « Prune » apparaisse dans sa temporalité « Prune jeune » et dans sa dimension adulte « Prune mûre ». Celle-ci revient dans la maison de son adolescence sur les traces de ses espérances, des ses idéaux de vie et à la recherche de son humanité perdue.
La ligne directrice prend sa source dans la réminiscence, promesse de renaissance, symbolisée par les flash-back.

Dans « Solitude du mangeur d’hommes », le dialogue est interprété par un seul comédien qui personnifie tour à tour le  « boy noir » et « chasseur blanc » et face à un ennemi invisible mais prégnant : le lion.
Ce lion symbolise, pour le chasseur, la représentation d’un moi lentement et douloureusement mis à nu en parallèle d’une « déverticalisation » physique du corps et de l’esprit.
Aller jusqu’à toucher les tréfonds de l’obscurité pour peut-être parvenir à apercevoir une étincelle d’espoir cachée et tenter de remonter vers la lumière.


L’intention de la mise en scène est d’explorer les passerelles entre théâtre, musique et danse et de mettre en relief l’universalité du jeu d’acteur à travers sa représentation verbale, corporelle et spatiale, car le théâtre n’est-ce pas simplement l’expression
de la vie ?

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