albert einstein contre frankeNstein
 
ALBERT EINSTEIN CONTRE FRANKENSTEIN
 

«J ’ai grand plaisir à mal manger, c’est une punition exquise, mon âme me pèse moins quand je la vautre dans le ketchup.

La mayonnaise synthétique est un baume pour mes plaies intérieures. Tout ce qui est dégueulasse me parle.

Le hamburger au poisson pané ne me juge pas, il est aussi lamentable que moi.
Sa forme en zéro comble exactement mon vide intérieur...

J’espère que les extraterrestres ressemblent à des poulpes de supermarché pour que je puisse les serrer dans mes bras. »


Texte extrait du roman « La Théorie de la Paëlla Générale »

 
L’histoire
Prune Sauvage est une adolescente surdouée, solitaire et boulimique.
Ce soir, ses parents sortent, ils vont à l’opéra.
Prune se retrouve seule à la maison, avec son chat Lucullus pour toute compagnie. Qu’un tueur en série, « l’étrangleur à la chaussette », rôde dans la ville ne la perturbe guère. Entre deux crêpes, Miss Einstein, son surnom, s’insurge contre le conformisme et la cruauté du monde. Confinée dans son espace-temps, elle déambule de pièces en pièces et enregistre sur son magnétophone un ultime témoignage aux extraterrestres. 
Au fil de son errance en huis clos, l’adolescente se livre à un soliloque déchaîné, grand déballage d’âme et réquisitoire drolatique contre le monde entier. Mais il lui sera difficile de lâcher la bride à sa langue sans libérer du même coup l’étrange faune de son inconscient, et sans être tentée de faire ce qu’il ne faut surtout pas faire... 

« Les seules portes qui s’ouvrent encore à la jeunesse, ce sont celles des réfrigérateurs. Des opinions politiques, ça ? »

        L’intention
Mise en scène d’une révolte, à un âge de la vie : l’adolescence, avec ses     doutes et ses contradictions, ses rêves et ses refus, ses fragilités et ses colères. Contre l’esprit de sérieux, la pièce réveille notre part d’enfance - l’âge de tous les possibles - et fait appel à l’imaginaire pour combler l’ennui et le vide de la société de consommation.
     C’est aussi un parcours initiatique où les rituels mis en place par Prune tentent de tracer le chemin en devenir.
intention de la mise en scene

Ces deux textes forts trouvent leur équilibre entre humour et émotion, obscurité et lumière, mort et renaissance.
Quête de l’autre par la quête de soi ; recherche individuelle pour atteindre l’Universel et mise en lumière de notre humatitude.

Cette thématique commune a déterminé le choix de ces textes pour la création de ce spectacle, elle m’a conduite vers une réflexion dramaturgique qui a orienté les deux axes complémentaires de la mise en scène auxquels s’est associé le travail de création musicale orchestré par Jean Albrand.

Dans « Albert Einstein contre Frankenstein », le monologue a été scindé et il est interprété par deux comédiennes afin que le personnage « Prune » apparaisse dans sa temporalité « Prune jeune » et dans sa dimension adulte « Prune mûre ». Celle-ci revient dans la maison de son adolescence sur les traces de ses espérances, des ses idéaux de vie et à la recherche de son humanité perdue.
La ligne directrice prend sa source dans la réminiscence, promesse de renaissance, symbolisée par les flash-back.

Dans « Solitude du mangeur d’hommes », le dialogue est interprété par un seul comédien qui personnifie tour à tour le  « boy noir » et « chasseur blanc » et face à un ennemi invisible mais prégnant : le lion.
Ce lion symbolise, pour le chasseur, la représentation d’un moi lentement et douloureusement mis à nu en parallèle d’une « déverticalisation » physique du corps et de l’esprit.
Aller jusqu’à toucher les tréfonds de l’obscurité pour peut-être parvenir à apercevoir une étincelle d’espoir cachée et tenter de remonter vers la lumière.


L’intention de la mise en scène est d’explorer les passerelles entre théâtre, musique et danse et de mettre en relief l’universalité du jeu d’acteur à travers sa représentation verbale, corporelle et spatiale, car le théâtre n’est-ce pas simplement l’expression
de la vie ?

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